Adam : Bonjour et bienvenue à la nouvelle série de balados de PwC Canada, « Finance in 15 », qui porte sur la transformation de la fonction Finances et ce qu’elle signifie pour les dirigeants financiers.
Alaina : Bonjour et bienvenue au balado « Finance in 15 ». Aujourd’hui, nous avons un épisode très spécial, car c’est le lancement de la minisérie sur les femmes en finances. Je m’appelle Alaina Tennison et je suis la chef de la direction financière de PwC Canada. Je suis très heureuse d’animer le tout premier épisode de cette série spéciale, que nous lançons pour élargir la conversation au sujet de la création de la fonction Finances de l’avenir. Au fil des épisodes, des dirigeants financiers qui sont appelés à composer avec un contexte d’affaires en constante évolution viendront nous présenter leurs points de vue. Pour le premier épisode de la série, je suis ravie d’accueillir Vanessa Kanu, chef des finances de TELUS International. En plus d’avoir été nommée chef des finances de l’année par l’Ottawa Business Journal et la Chambre de commerce d’Ottawa en 2021, Vanessa peut se targuer d’avoir orchestré le plus important PAPE d’une société technologique de l’histoire de la Bourse de Toronto. Bref, elle fait partie de la crème de la crème des chefs des finances. Bienvenue, Vanessa.
Vanessa : Merci, Alaina. C’est très généreux de ta part. Je suis heureuse d’être ici. Je veux te féliciter à mon tour pour ta récente nomination au palmarès des 50 meilleurs dirigeants canadiens du magazine Report on Business du Globe and Mail. Félicitations à toi aussi, Alaina.
Alaina : Très bien. Merci beaucoup, Vanessa. Nous avons tous droit à notre moment de gloire! Donc, Vanessa, peut-être pourrais-tu commencer en nous parlant un peu de toi et de ton rôle chez TELUS et, qui sait, nous révéler quelque chose que nos auditeurs seraient surpris d’apprendre à ton sujet?
Vanessa : TELUS International est une pionnière de l’expérience client qui conçoit, élabore et fournit des solutions numériques de nouvelle génération. Nous offrons des services à plus de 600 des plus grandes marques mondiales, dont beaucoup de marques réputées que vous connaissez comme Google, Telus et Airbnb. Je suis entrée au service de TELUS International en septembre 2020, et je me suis ainsi retrouvée à la tête d’une organisation mondiale en tant que chef des finances. Quelques mois plus tard, j’ai organisé, avec de nombreux autres collaborateurs, son inscription à la Bourse de New York et à la Bourse de Toronto, comme tu viens de le mentionner. Et, honnêtement, ce fut un privilège; j’ai eu la chance d’hériter d’une équipe très, très solide et de faire la transition d’une organisation du secteur privé à une entité ouverte qui présente des rapports au public. Avant de travailler chez TELUS International, j’occupais aussi le poste de chef des finances dans une autre société technologique, Mitel Networks Corporation, une multinationale présente dans environ 90 pays.
Alaina : Vanessa, toi et moi avons une expérience similaire, car nous avons commencé notre carrière chez PwC Canada. Nous n’y étions pas en même temps, donc nos chemins ne se sont jamais croisés, mais nous avons eu le même point de départ. Quand tu as terminé l’université et commencé comme jeune comptable chez PwC, t’imaginais-tu que c’est là que ta carrière te mènerait?
Vanessa : Vois-tu, j’ai vraiment aimé mon expérience chez PwC. J’ai eu beaucoup de plaisir. J’ai fait mes débuts chez PwC à Edmonton, où je travaillais dans le secteur du pétrole et du gaz, avec des clients des services publics, puis je suis déménagée au bureau de PwC à Ottawa, où j’ai principalement travaillé avec des clients du secteur des technologies. C’est ce qui explique pourquoi j’ai eu tendance à me concentrer davantage sur ce secteur vers la fin de mon passage chez PwC. Est-ce que j’avais imaginé que cela allait m’amener là où je suis aujourd’hui? Je ne crois pas, non. J’ai aimé ce travail. Ce fut une bonne expérience. J’ai appris beaucoup sur les différents clients. J’ai appris comment résoudre des problèmes, ce qui a probablement été l’apprentissage le plus utile. Je savais que je n’allais pas rester et devenir associée. Je savais que je voulais travailler dans le secteur des finances. Et c’est ce que j’ai fait. Je ne dirais pas que j’ai planifié toute ma carrière dans le but de devenir chef des finances, mais je souhaitais certainement continuer d’apprendre et d’évoluer, et aider à résoudre des problèmes. Et je pense que toutes ces choses, combinées à cette expérience chez PwC, m’ont permis de me rendre là où je suis aujourd’hui.
Alaina : Vanessa, tu as acquis énormément d’expérience dans le secteur, en travaillant au sein de sociétés ouvertes et fermées, ainsi que de sociétés fermées devenues ouvertes. Peux-tu nous parler de tes expériences, plus particulièrement comme leader féminine en finances dans des sociétés ouvertes et fermées?
Vanessa : Oui, certainement. Il s’agit de deux sphères très différentes. Ce qui est plus ou moins semblable, dans les deux cas, c’est que ce sont des milieux très stimulants, mais aussi très exigeants. J’ai travaillé dans une société fermée qui est devenue ouverte, puis qui s’est fermée à nouveau – à cause de moi, en toute transparence – et qui a ensuite fait le saut comme société ouverte d’envergure internationale. Dans tous les cas, c’est très exigeant, même si les obligations en matière de contrôles, de rapports externes et de relations avec les investisseurs sont probablement plus rigoureuses pour les sociétés ouvertes. En ce qui concerne les femmes, plus particulièrement, cela pose un véritable défi. J’ai perdu un certain nombre de mes collègues féminines au fil du temps. Dans les sociétés ouvertes, les exigences du travail peuvent être assez strictes. De nos jours, les entreprises font plus d’efforts pour favoriser l’équilibre entre le travail et la vie personnelle, afin de garder les femmes qui ont un bon rendement. Très franchement, les femmes en général doivent se renseigner sur les politiques d’entreprise. On a vu une certaine évolution au cours des quelques dernières décennies, dans les institutions ouvertes et fermées, mais il y a encore assurément beaucoup à faire.
Alaina : En effet. Je suis chef de la direction financière de PwC Canada, mais je ne suis pas associée. Dans le cadre de mon travail auprès des clients depuis des années, j’ai surtout travaillé dans le secteur des services financiers. Je rencontre de plus en plus de femmes à la tête de services financiers, et je trouve cela formidable. Je pense donc que la profession financière a généralement été à l’avant-garde en matière de promotion des femmes dans des postes de direction. J’ai lu certains des articles dans lesquels tu as été citée; tu parlais notamment de la façon dont le secteur des finances a changé et des évolutions technologiques qui ont accompagné ces changements, et plus particulièrement de l’automatisation et de tes efforts pour t’assurer que des personnes très qualifiées ne sont pas réduites à effectuer de la saisie de données et ce genre de travail « à faible valeur ». Peux-tu nous parler de la façon dont tu as réussi à inciter tes équipes à se tourner vers l’automatisation dans le secteur des finances?
Vanessa : C’est tout un processus. Je ne dirais certainement pas que nous sommes près d’avoir atteint nos objectifs, moi et beaucoup des membres de notre équipe. Mais prenons l’exemple de la conversation audacieuse sur la copie des fichiers d’audit que nous avions eue, toi et moi, Alaina. Aujourd’hui, tout est fait dans le nuage. En peu de temps, l’ampleur des changements technologiques et l’adoption de la technologie ont été plutôt incroyables. Il en va de même pour le secteur des finances. C’est exactement la même chose. Honnêtement, je ne cesse d’être impressionnée par nos collègues. Laisse-moi te donner un exemple assez simple : nous avons embauché un jeune directeur des finances, il y a environ un an, qui nous a proposé d’utiliser un outil. Je ne veux pas faire la promotion d’une entreprise en particulier, mais je me souviens par exemple qu’à Mitel, une société ouverte, le processus de préparation du communiqué de presse consistait à remplir le formulaire 10-Q et à le publier. Il y a 15 ou 10 ans, ou même huit, bien franchement, quelqu’un était responsable de consolider tous les chiffres pour remplir ce formulaire. C’était fait la veille de la publication du communiqué de presse. Si on devait modifier quelque chose en cours de route, il fallait que quelqu’un refasse tout le travail. Aujourd’hui, nous avons recours à un outil qui s’occupe de le faire pour nous. Chaque chiffre du communiqué est lié aux états financiers. Il n’est pas nécessaire de mobiliser une personne pour s’assurer que chaque chiffre du tableau correspond aux états financiers. Ce n’est pas un outil très coûteux, et c’est un membre de l’équipe qui a eu l’idée de l’adopter. Voilà un exemple simple de comment on peut grandement améliorer le rendement d’une équipe. Rappelle-toi il y a huit ans, quand une personne devait réaliser ce travail « à la main »… elle peut maintenant se consacrer à une tâche dont la valeur est beaucoup plus grande, et laisser la technologie opérer. Nous pouvons désormais tirer parti de l’intelligence et des compétences analytiques de nos collègues pour nous aider à aller de l’avant de manière beaucoup plus efficace.
Alaina : Cela m’amène au point suivant sur notre profession dans le monde des finances, qui a assurément beaucoup changé depuis le début de nos carrières respectives. La pandémie a sûrement accéléré certaines des principales tendances en ce qui concerne le travail à distance et la numérisation, et, nécessairement, fait en sorte que les professionnels du secteur des finances doivent acquérir de nouvelles compétences. Or, dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre dans tous les milieux, recruter de nouveaux talents et pourvoir à la demande s’avère un véritable défi. Ta carrière en finances est donc très intéressante! Que dirais-tu à de jeunes professionnels qui envisagent de s’engager dans cette voie?
Vanessa : Je crois que les jeunes qui envisagent de poursuivre une carrière en finance peuvent voir ce secteur comme un tremplin vers d’innombrables autres choses. La comptabilité est très amusante, mais si ce n’est pas trop votre truc, sachez qu’elle favorise quand même le développement d’une bonne pensée critique, et permet d’en apprendre plus sur les affaires. C’est un bon point de départ pour beaucoup d’autres avenues si vous en décidez ainsi, comme nous l’avons fait, et bien d’autres comme nous. De plus, il y aura toujours des changements, peu importe le secteur dans lequel vous travaillez. En tant que professionnels des finances, nous devons tous apprendre à devenir plus agiles et à nous adapter afin de suivre les changements plus facilement. Je crois que la résilience et la ténacité sont des qualités importantes, surtout compte tenu de tout ce qui se passe dans le monde en ce moment, tant du côté de la géopolitique que des taux d’intérêt, entre autres choses. À mon avis, développer de la résilience est donc assurément une qualité importante qui sera nécessaire pour votre succès à l’avenir. Nous devons par ailleurs mieux faire la promotion de notre profession. Les très jeunes étudiants devraient avoir une bonne idée de l’étendue des possibilités qui s’offrent à eux en finance. Finalement, j’espère, Alaina, que des balados comme celui-ci, qui s’adresse aux professionnels du secteur des finances, pourront trouver un écho chez les étudiants et que nous serons ainsi en mesure de les inciter à se joindre à nous au sein de notre profession.
Alaina : Oui, en effet. Ce balado est une occasion fantastique. Si tu devais donner trois grands conseils en matière de leadership à nos auditeurs pour une carrière dans le secteur des finances, quels seraient-ils?
Vanessa : Je pense que nous sommes à une époque où l’agilité est très importante pour les étudiants et les apprenants. Je leur dirais donc de saisir les occasions d’apprendre, d’évoluer et de se dépasser. Dites oui aux occasions qui se présentent au travail si elles peuvent vous aider à élargir vos connaissances, à acquérir de nouvelles compétences et à en savoir plus sur le domaine. « Dire oui » est un précepte que j’ai tenté de mettre en pratique au début de ma carrière, surtout chez Mitel et même, ensuite, chez PwC, et cela m’a parfois forcée à sortir de ma zone de confort. Je n’étais pas une experte, mais mon avidité d’apprendre m’a aidée. Ce fut le cas également pour beaucoup d’autres personnes. Je conseillerais aussi aux auditeurs de s’entourer de personnes de confiance qui les soutiendront dans leur parcours professionnel. J’ai côtoyé d’excellents « mentors informels » : je n’ai jamais participé à un programme officiel de mentorat, mais j’ai toujours eu accès à des personnes qui m’ont aidée tout au long de ma carrière. J’invite tous nos auditeurs à trouver des personnes qui pourront jouer ce rôle pour eux. Enfin, mon dernier conseil, mais non le moindre, est de savoir faire preuve de patience. Les choses ne se déroulent pas toujours de façon linéaire. Les chemins qui mènent à la haute direction sont variés. Il est certain que les choses n’iront pas toujours comme prévu, année après année. Mais tant que vous apprenez, vous progressez, et c’est le principal à mon sens. Soyez agiles, adaptez-vous, faites preuve de résilience et travaillez dur. Vous continuerez assurément à évoluer. Voilà ce que m’a appris mon expérience jusqu’ici.
Alaina : Merci, c’est parfait! Tu viens de donner de très bons conseils, très avisés selon moi. Je vais en donner un autre à nos auditeurs, qui s’adresse surtout aux plus jeunes : alors que nous commençons à sortir de la pandémie, dans la mesure où vous êtes à l’aise et que c’est sécuritaire de le faire, je vous suggère de rencontrer les gens en personne, par exemple d’assister aux réunions avec vos collègues, afin de développer vos relations face à face. Une bonne partie du travail peut être faite derrière un écran et nous avons tous appris que nous pouvions ainsi gagner en efficacité, mais beaucoup d’apprentissages se déroulent en personne, et c’est le meilleur moyen de développer un sens des affaires. C’était super de parler avec toi aujourd’hui, Vanessa. On ne s’est jamais encore rencontrées en personne, mais je nous promets un rendez-vous très enrichissant la prochaine fois que je serai à Ottawa ou que tu seras à Toronto.
Vanessa : Ce sera avec plaisir!
Alaina : Merci beaucoup de nous avoir fait part de tes expériences et des enseignements que tu en as tirés. Je sais à quel point il est important d’entendre des femmes comme toi, qui ont énormément d’expérience en matière de leadership ainsi qu’une expertise approfondie de leur domaine. Je veux donc te remercier de t’être jointe à moi aujourd’hui. Restez à l’affût du prochain épisode de notre série spéciale Femmes en finance, qui mettra en vedette Maarika Paul, cheffe de la Direction financière de la Caisse de dépôt et placement, et Lisa To, cheffe de la gestion financière et de la performance, à la Banque de développement du Canada. Visitez le site Web de PwC Canada pour écouter notre série de balados « Finance in 15 » et vous y abonner. Nous sommes une communauté de professionnels de la résolution de problèmes chez PwC Canada, et nous croyons que la fonction Finances a un rôle important à jouer dans la réussite des entreprises. Si vous souhaitez faire partie de notre communauté de chefs des finances et professionnels de la résolution de problèmes, n’hésitez pas à communiquer avec moi. J’espère que vous avez apprécié ce premier épisode de notre série spéciale Femmes en finance. Nous serions ravis de connaître votre opinion sur cette série. N’oubliez pas de vous y abonner, de la faire connaître et de nous laisser une note ou un commentaire. Je m’appelle Alaina Tennison, et vous venez d’écouter le premier épisode de la série spéciale Femmes en finance. Ce balado a été réalisé par PricewaterhouseCoopers LLP/s.r.l./s.e.n.c.r.l., une société à responsabilité limitée de l’Ontario. La présente a été préparée exclusivement à des fins d’information générale et ne constitue nullement un conseil professionnel.